DeutschFrançais
Interview : Céline Clénin PDF Imprimer Envoyer

Crescendo n° 24, octobre 2001


Qui n’a jamais vu ou entendu le Big Band dirigé avec maestria par Céline Clénin, fille de notre ex-directeur Jean-Claude Clénin ? Personne, j’imagine ! Et si on faisait un peu mieux connaissance avec celle qui contribue à faire de cet ensemble de qualité un groupe de bons camarades heureux de se retrouver lors des répétitions et concerts ?


Crescendo : Céline, à quelle époque faisais-tu partie de la MJB et de quel instrument jouais-tu ?

Céline Clénin : La MJB semble avoir toujours fait partie de ma vie. Dès mon plus jeune âge, nous étions de toutes les sorties avec mes parents et mes frères. Avec ces derniers, je portais la mascotte de la Musique lors des cortèges : si je me souviens bien, c’était un baryton avec des parapluies rouges et blancs. J’ai commencé comme musicienne vers 1981 avec la clarinette que m’enseignait Madame Joergensen, la maman de Britt. Puis, vers 1984, j’aurais voulu passer à la flûte, mais mon papa avait besoin de saxos alto. Au début, j’ai appris toute seule ; ensuite, je suis allée au Conservatoire où je prenais des leçons de clarinette et de saxo.


Joues-tu encore de ces instruments ?

Pas de la clarinette, mais du saxo soprano, alto et ténor.


La musique occupe-t-elle une place importante dans ta vie ?

Oui, une place déterminante, puisque je suis actuellement en deuxième année de la section professionnelle de la Musikhochschule à Lucerne (anciennement appelée Ecole de Jazz). J’ai d’abord terminé mes études à l’Université pour être professeur de Gymnase et maintenant je suis à fond dans mes études de saxo alto que je finance en travaillant à Teletext à temps partiel. J’ai aussi étudié le chant jazz à Bienne et passé mon diplôme de direction de la Fédération jurassienne de musique.


Quels sont les principaux changements que tu as constatés au sein de la MJB ?

Les camps de Pentecôte sont plus calmes ! Les enfants commencent à un plus jeune âge. Il y a plus de mouvement au sein de la société. Il me semble que les musiciens ont moins de motivation pour les sorties à l’extérieur. Pour nous, c’était chaque fois une fête, on ne voulait pas en rater une et on se réjouissait à l’avance de se retrouver à ces occasions !


Que t’a apporté la MJB pour la vie en général ?

L’esprit de camaraderie, la discipline et l’engagement.


Si tu le pouvais, quels changements aimerais-tu apporter à la MJB ?

Ce qui est super, c’est :

  • qu’elle existe toujours après 25 ans de fonctionnement,
  • que ce soit des jeunes qui forment les débutants,
  • que ses cotisations soient accessibles à toutes les bourses.

Ce serait encore mieux si les subventions de la ville étaient plus élevées. Il faut toujours jongler au niveau du budget et cela limite les possibilités de se développer davantage.

Je souhaiterais aussi un peu plus d’engagement de la part des jeunes en général, notamment pour participer à des évènements un peu particuliers. Ce n’est pas une critique, mais peut-être la constatation qu’ils sont un reflet de notre société actuelle où l’on consomme « à la carte »…


Que souhaiterais-tu dire aux jeunes musiciens de la MJB actuelle ?

L’étude et la pratique de la musique demandent une discipline et un entraînement réguliers, mais cela doit rester un plaisir. Faire un jour partie du Big Band devrait être une stimulation, mais pas un but en soi. Chaque musicien, quel que soit son niveau, est une personne importante dans la MJB, mais c’est essentiel qu’il reste motivé et ait du plaisir à jouer.


Une dernière question : comment fais-tu pour diriger un ensemble de musiciens parfois à peine plus jeunes que toi ? As-tu des problèmes de discipline ?

Non, en fait, j’essaie d’être cool en dehors des répétitions et concerts, mais je suis très exigeante dans les moments où il faut travailler. Et je dois dire avec plaisir que les musiciens du Big Band jouent bien le jeu et m’apportent beaucoup de joies. On a l’impression que je suis toujours débordante d’énergie, mais j’ai compris que si je ne suis pas moi-même motivée et que je ne transmets pas l’étincelle, le feu risque de s’éteindre.


Merci beaucoup, Céline, de nous avoir consacré ce moment dans ton emploi du temps chargé. Nous te souhaitons plein succès dans la suite de ta carrière musicale.


Propos recueillis par Christine Rossel